Au cours des dernières années, la figure du metal head est devenue très populaire dans la société, au point de quasiment devenir une tendance de mode. Le metal head et sa musique sont pourtant loin d’avoir toujours été aussi bien perçus, alors comment justifier un tel changement  ?

La tendance Sex, Drugs and Rock’n Roll, véritable ovni aux yeux de la société

N’en déplaise à certains puristes, la figure du metal head est aujourd’hui parfaitement intégrée à la société. Les magasins de prêt à porter commercialisent régulièrement des vêtements à l’effigie de groupes comme Metallica ou AC/DC, le Hellfest agrandit de plus en plus sa sphère à un public de « curieux », et Netflix a même produit un biopic sur l’histoire de Mötley Crüe!

A leurs débuts, les plus grands groupes de rock et de metal ont pourtant eu à affronter de nombreux détracteurs, pour des motifs a la légitimité franchement discutable. En effet, la fin des années 70 et le début des années 80 donnent lieu à un véritable florilège d’attaques, surtout émises de la part des religieux : entre autres, certains vinyles écoutés à l’envers permettraient d’invoquer le diable à travers des messages subliminaux, leur musique rendrait violent, désaxé, et serait destiné à un public de toxicomanes et de dépressifs… Loin de se soucier de renvoyer une image « lisse » comme la majorité des autres artistes, les musiciens de la sphère hard rock et metal n’ont jamais eu que faire de ce genre d’accusations, en jouant même dessus pendant leurs prestations : c’est ainsi qu’Ozzy Osbourne fait polémique en arrachant la tête d’une chauve-souris de ses propres dents avant de boire tout son sang, ou qu’Alice Cooper s’amuse à mettre en scène sa propre décapitation.
Par ailleurs, les fresques de nombreux groupes renforcent considérablement cette réputation sulfureuse, et participent à la création de véritables légendes vivantes chez le public des metal head. On peut citer par exemple Lemmy Kilmister, chanteur de Motorhead, aussi réputé pour son travail artistique que pour ses multiples conquêtes et ses nombreux excès en matière de drogue et d’alcool.

Les mêmes codes, mais dans un contexte différent

De manière générale, l’arrivée d’internet a considérablement fait évoluer le rapport du public avec les évènements jugés provocants. En effet, à l’ère du digital et des réseaux sociaux, la société est en grande partie focalisée sur la culture du buzz et de la provocation, ce qui fait que les éternelles fresques des figures du hard-rock et du metal ne sont plus perçues de la même façon. La tendance « provoc » est aujourd’hui assimilée par les musiciens de toutes les sphères confondues, et n’est plus spécifique à l’univers des metal heads. Dans ce contexte, des artistes « grand public », comme Miley Cirus ou Nicki Minaj entretiennent volontairement une réputation sulfureuse en repoussant régulièrement les limites de la bienséance dans leurs clips ou dans leurs textes.

Ainsi, si les groupes de metal restent fidèle à eux-même, en continuant de s’attaquer régulièrement à la religion ou de commettre des frasques due à leur excès, l’impact de ce genre d’attitude est aujourd’hui plus réduit. Le grand public est désormais « habitué » à être choqué et provoqué au quotidien, et il est très probable que cette tendance participe à l’atténuation de la stigmatisation à l’égard des metal heads, de leurs codes vestimentaires ou de leur mode de vie. Le politiquement incorrect est utilisé à longueur de journée dans une quête permanente de « buzz », et dans ce contexte, il est presque « logique » que le côté extrême de l’univers metal se retrouve (trop ?) largement exploité. Même si ce n’était pas prémédité, les artistes du mouvement rock et metal, leur irrévérence, leur audace, ont incarné les authentiques précurseurs du politiquement incorrect.

L’image renvoyée par les metal head auprès de la société a donc connu un tournant à 180 degrés au cours des dernières décennie. Si dans les années 70 et 80, le fan de metal était souvent perçu comme impie et perturbé, son univers et son imagerie semblent séduire une population de plus en plus large à l’ère du politiquement incorrect.

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